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Ils se promènent boulevard Saint-Germain, essaient d’apercevoir dans les cafés des actrices, lisent Le Monde aux terrasses en fumant des cigarettes blondes comme l’oncle Hô trente ans plus tôt, voient défiler l’élégant ciseau des jambes sous les jupes. Ils sont jeunes, assis au soleil, rêvent de la Révolution. La lumière des soirs de juin perce le feuillage des platanes, y plonge les épées éclatantes de l’airain. La Terreur peut naître ainsi. Il furent ces jeunes étudiants idéalistes.

Patrick Deville, Kampuchea
Seuil, 2011

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