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Tous pareils, ces pauvres, timides, veules, et taiseux comme des pierres avec ça, routiniers à tout crin, plus méfiants que milliardaires en leurs forteresses, ils n’aiment pas qu’on vienne rôder chez eux et les surprendre dans leur dénuement. L’étranger n’est pas le bienvenu. De mon temps, on le serrait aux épaules sitôt repéré dans le secteur et, à coups de bourrades amicales et de bons renseignements, on le reconduisait à la frontière.

Boualem Sansal, Rue Darwin
Gallimard, 2011

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