#80

Au négociant le porche sur la mer, et le toit au faiseur d’almanachs !… Mais pour un autre le voilier au fond des criques de vin noir, et cette odeur ! et cette odeur avide de bois mort, qui fait songer aux taches du Soleil, aux astronomes, à la mort…

— Ce navire est à nous et mon enfance n’a sa fin.
J’ai vu bien des poissons qu’on m’enseigne à nommer. J’ai vu bien d’autres choses, qu’on ne voit qu’en pleine Eau ; et d’autres qui sont mortes ; et d’autres qui sont feintes… Et ni
les paons de Salomon, ni la fleur peinte au baudrier des Ras, ni l’ocelot nourri de viande humaine, devant les dieux de cuivre, par Montezuma
ne passent en couleurs
ce poisson buissonneux hissé par-dessus bord pour amuser ma mère qui est jeune et qui bâille.

… Des arbres pourrissaient au fond des criques de vin noir.

Saint-John PerseÉloges, VIII
Pléiade, 1911

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