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Il existe une manière de voyager en restant dans sa chambre. Le lit devient une gare de départ, le paysage aperçu de la fenêtre se couvre aisément de mers ou de volcans noirs. Pour les coutumes, on prendra un livre. Manière courante qui n’est pas réservée aux timorés, aux prisonniers ou aux sages. Nicolas Bouvier pousse la malice jusqu’à simuler de l’admiration à l’égard de ceux qui voyagent « tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise ». Il manquera toujours une couleur et ce petit rien qui fait d’un visage étranger un visage amical. Ces voyages-là n’ont pas la parole facile. Les mots aiment la marche.

Olivier Germain-Thomas, Manger le vent à Borobudur
Gallimard, le sentiment géographique, 2013

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